Votre TV Android peut faire autre chose que lancer Netflix. Avec une application gratuite, une clé USB pour vos jeux et une manette compatible, elle peut aussi devenir une petite console de rétrogaming. Pas besoin d’ajouter un GameStick à 15 euros. En revanche, autant être honnête dès le départ : les performances dépendront de votre téléviseur et du jeu choisi.
Installer Lemuroid sur la TV Android
Depuis l’onglet des applications de votre téléviseur, ouvrez le Google Play Store et recherchez Lemuroid. Installez l’application, puis lancez-la. Je l’ai choisie parce qu’elle est gratuite, sans publicité et plutôt simple à prendre en main.
Au premier lancement, ne vous étonnez pas de ne voir aucune console ni aucun jeu. Il faut d’abord fournir vos fichiers de jeux à l’application, puis lui demander de les rechercher.
Préparer la clé USB avec ses jeux
Branchez une clé USB à votre ordinateur et créez-y un dossier, par exemple ROMs. Copiez vos fichiers de jeux dans ce dossier. À vous de vous assurer que vous disposez du droit d’utiliser les fichiers que vous y placez.
La plupart des jeux de consoles comme la Super Nintendo, la Mega Drive ou la Master System ne demandent pas de manipulation supplémentaire dans cet exemple. D’autres systèmes peuvent nécessiter un fichier BIOS adapté, selon la console, sa version ou le jeu. C’est notamment un point à vérifier pour le Mega CD, ainsi que pour certains systèmes comme la PSP ou la Nintendo 3DS. Dans le cas de jeux d’arcade utilisés avec Final Burn, les besoins peuvent aussi varier d’un titre à l’autre.
Si un jeu refuse de démarrer, ne concluez donc pas immédiatement que la TV manque de puissance : vérifiez d’abord les fichiers requis. Pour mon essai de Night Trap sur Mega CD, l’absence du BIOS correspondant empêchait justement le lancement. Le fichier devait être copié avec les ROMs.
Faire reconnaître les jeux par Lemuroid
Débranchez la clé de l’ordinateur et insérez-la dans un port USB du téléviseur. Ouvrez ensuite Lemuroid et lancez l’analyse de la clé pour que l’application retrouve les jeux. Selon le nombre de fichiers et la capacité de la clé, cette étape peut prendre environ trois à cinq minutes.
Une fois l’analyse terminée, Lemuroid classe automatiquement les jeux par plateforme. On retrouve ainsi des rubriques Nintendo, Nintendo 64, PlayStation et d’autres consoles. Les titres sont rangés par ordre alphabétique. Si votre collection est importante, la barre de recherche en haut de l’interface est plus pratique que de parcourir chaque liste.
Brancher une manette et utiliser le menu en jeu
Pour jouer, j’ai utilisé une manette Xbox 360 filaire. Une manette Bluetooth compatible peut également être connectée à la TV Android. Pour une partie à deux, branchez deux manettes : deux modèles USB si le téléviseur possède assez de ports, ou une combinaison USB et Bluetooth.
Une commande mérite d’être retenue : appuyez simultanément sur les deux sticks analogiques, L3 et R3, pour ouvrir le menu en jeu. Vous pourrez alors quitter ou redémarrer la partie, sauvegarder à la volée, charger une sauvegarde, couper le son, accélérer le jeu et accéder aux réglages.
La sauvegarde à la volée peut être bien utile. Dans Ridge Racer, par exemple, elle permet de retenter le petit défi Galaga du début, qui peut débloquer deux véhicules, sans devoir tout reprendre depuis zéro.
Quels jeux tournent bien sur une TV Android ?
Les consoles 8 et 16 bits : le terrain idéal
Premier essai avec Streets of Rage sur Mega Drive : le jeu répond bien, l’animation est fluide et l’émulation ne pose pas de problème notable sur cette TV. L’image s’adapte au format 4:3. Avec le filtre de lignes de balayage, le résultat est franchement sympathique sur grand écran. Ce n’est évidemment pas le rendu d’un téléviseur cathodique, mais cela garde un joli parfum rétro.
Super Mario World sur Super Nintendo donne la même impression : la partie est fluide, sans décalage perceptible dans cet essai. Côté 8 bits, Alex Kidd in Miracle World sur Master System fonctionne lui aussi parfaitement. Quel plaisir de retrouver ses couleurs et sa musique ! Certaines versions de la Master System intégraient d’ailleurs le jeu directement à la console, sans cartouche à insérer.
PlayStation : tout dépend du jeu
Le passage à la PlayStation révèle les premières limites. Sur Ridge Racer, la musique ralentit et le jeu peine à suivre. Il faut se rappeler que tout repose ici sur le processeur et la mémoire intégrés au téléviseur : on ne peut pas lui demander les performances d’une machine dédiée.
Mais il serait trop simple de déclarer toute la PlayStation injouable. Street Fighter: The Movie s’est montré nettement plus agréable dans mon essai. Le jeu lui-même n’est pas un monument du genre, avec des personnages et des animations qui ont leur âge, mais le combat reste jouable. La différence observée entre ce jeu en 2D et Ridge Racer en 3D montre qu’il vaut mieux tester les titres un par un plutôt que se fier uniquement au nom de la console.
Nintendo 64 : une surprise, mais pas une garantie
Je m’attendais à pire en lançant Mario Kart 64. Les menus restent assez fluides, le son demeure audible et la course se joue au stick analogique. Ce n’est pas comparable à l’expérience sur la console d’origine, mais sur ce téléviseur, la partie reste jouable.
Le contraste avec Ridge Racer est intéressant : un jeu Nintendo 64 peut ici mieux se comporter qu’un jeu PlayStation. Cela ne promet pas que tous les titres Nintendo 64 fonctionneront aussi bien. Les résultats varient selon les jeux, et probablement selon la puissance de la TV utilisée.
Une bonne console rétro d’appoint, à condition de connaître ses limites
Pour la Master System, la Mega Drive et la Super Nintendo, cette installation m’a convaincu : on retrouve rapidement ses jeux sur grand écran, avec une manette et des fonctions pratiques comme la sauvegarde à la volée. Sur PlayStation et Nintendo 64, il faut accepter des performances inégales. Quant aux consoles plus exigeantes comme la PlayStation 2 ou la Dreamcast, il ne faut pas compter sur cette configuration.
Si vous avez déjà une TV Android, une clé USB et une manette, l’essai ne demande pas d’acheter un boîtier supplémentaire. C’est une façon simple de retrouver quelques classiques, sans attendre de sa télévision qu’elle remplace toutes les consoles rétro. Bon jeu !