Recalbox JVS : présentation complète et démo du nouveau système pour bornes JVS

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Le projet Recalbox ne se limite plus depuis longtemps à un simple système d'exploitation. L'idée, désormais, c'est d'amener toute l'expérience Recalbox directement dans les vraies bornes d'arcade, avec du matériel pensé pour elles, des usages adaptés à elles, et surtout une installation qui ne transforme pas chaque intégration en chantier interminable.

Après les solutions dédiées au CRT et au JAMMA, la suite logique était évidente : attaquer le JVS. Et pas à moitié. Le Recalbox JVS a été conçu pour faire tourner aussi bien les jeux de la génération Naomi, Atomiswave et Dreamcast que tout l'écosystème arcade et consoles déjà pris en charge par Recalbox, avec un vrai souci du détail sur la vidéo, l'audio, les contrôles et le diagnostic.

Pourquoi le JVS était l'étape suivante

Le JAMMA a dominé les bornes d'arcade des années 80 et 90. Le JVS, lui, est arrivé ensuite pour répondre aux besoins des bornes de la fin des années 90 et des années 2000. En clair, c'est la génération qui accompagne l'arrivée de jeux plus modernes, de la 3D, du 31 kHz, du 480p et de bornes comme les Naomi Universal Cabinet.

Quand on pense JVS, on pense immédiatement à Sega Naomi, à l'univers Dreamcast côté arcade, à des titres comme Crazy Taxi, et à toute cette période où l'image a franchi un vrai cap technique par rapport au 15 kHz classique.

Le Raspberry Pi 5 ayant désormais la puissance nécessaire pour faire tourner proprement les jeux de cette génération, le moment était idéal. Et pour Recalbox, c'était surtout la continuité parfaite d'une même vision : permettre d'installer facilement un système moderne dans les bornes que l'on possède déjà, sans dénaturer leur usage.

À quoi ressemble le Recalbox JVS

Le boîtier reprend l'esprit des précédents produits de la gamme, mais avec un niveau de finition qui saute tout de suite aux yeux. À l'intérieur, on retrouve un Raspberry Pi 5, installé sous la carte principale. La carte microSD reste accessible facilement, tout comme les sorties HDMI du Pi.

Le design du PCB mérite aussi qu'on s'y arrête. Les tracés colorés ne sont pas là juste pour faire joli. Ils représentent réellement les circuits de traitement du signal. Le rouge, le vert, le bleu, la synchro, le son, les chemins vers les sorties vidéo, tout a été pensé pour raconter visuellement ce que fait la carte.

Boîtier blanc Recalbox JVS tenu en main avec PCB visible sous une façade transparente

Ce n'est pas un simple accessoire autour d'un Raspberry Pi. C'est une carte pensée comme une vraie interface matérielle pour borne d'arcade.

Ce qu'il y a sous le capot

Une vraie chaîne vidéo arcade

La partie vidéo part du Raspberry Pi via les GPIO, puis passe par un DAC RGB 24 bits. Le signal est ensuite amplifié pour être envoyé vers la ou les sorties VGA. L'objectif est clair : proposer une sortie de très haut niveau, adaptée aux écrans des bornes JVS.

Ce choix permet d'exploiter aussi bien les jeux 31 kHz que les contenus plus anciens, avec un rendu très soigné même quand on affiche des jeux historiquement prévus pour du 240p.

Une gestion séparée du son et des contrôles

Le son et les contrôles passent par un pont USB dédié. Ce choix permet de garder un input lag extrêmement faible, tout en assurant une gestion propre des entrées JVS et de l'audio. Le résultat visé est simple : une sensation de jeu qui reste fidèle à l'arcade originale.

Une compatibilité large

Le Recalbox JVS n'est pas limité à un seul type d'écran ou à une seule famille de bornes. Il sait gérer :

  • les écrans CRT en 15 kHz, 24 kHz et 31 kHz,
  • les bornes JVS VGA classiques,
  • les bornes équipées d'écrans plats via HDMI.

Autrement dit, on peut l'imaginer dans une Naomi, une New Net City, une Net City, mais aussi dans des configurations LCD comme une Vewlix, une NoirCab ou d'autres bornes compatibles.

Une installation pensée pour être vraiment plug and play

Le gros point fort du Recalbox JVS, c'est qu'il a été pensé pour simplifier au maximum l'intégration.

On récupère l'alimentation JVS de la borne, on la branche sur la carte, puis on connecte :

  • le JVS pour les contrôles,
  • la vidéo en VGA ou en HDMI selon la borne,
  • l'audio gauche et droite.

Et c'est prêt.

Pas de branchement inversé à la manière de certains setups JAMMA malheureux. Pas de standard vidéo exotique à recâbler. Pas de gymnastique compliquée pour juste obtenir une image. Le VGA reste du VGA standard, et si la borne utilise un écran HDMI, le système le détecte automatiquement une fois correctement configuré.

Des switchs matériels pour les cas particuliers

Il reste malgré tout des scénarios où une configuration matérielle est utile, notamment pour indiquer au système qu'on travaille sur une borne HDMI et non sur une borne VGA. C'est le rôle des petits switchs présents sur la carte.

Quand il n'est pas possible d'afficher une option à l'écran parce que justement l'affichage n'est pas encore opérationnel, il faut un moyen simple d'indiquer au système comment démarrer. Ces interrupteurs sont là pour ça.

Le mode Link : deux bornes, un seul Recalbox JVS

Voilà l'une des fonctions les plus excitantes du projet : le mode Link.

Le Recalbox JVS peut piloter deux bornes JVS en même temps avec un seul Raspberry Pi 5 et un seul boîtier. Concrètement, on branche une première borne, puis une seconde, et les deux partagent la même image et le même système.

L'intérêt est énorme pour les configurations versus. Avec deux bornes côte à côte, chaque joueur a son propre panel, son propre espace, et l'expérience change complètement. Pour des jeux comme Street Fighter III, Power Stone 2 et d'autres titres compétitifs, on retrouve quelque chose qui se rapproche vraiment du versus arcade à domicile.

Petit boîtier Recalbox JVS connecté avec plusieurs câbles derrière deux bornes

Ce mode Link correspond ici à un partage d'image entre deux bornes. Ce n'est pas encore le réseau natif de plusieurs Naomi, avec une image indépendante par borne comme à l'époque sur certaines installations Sega. Mais cette piste fait partie des évolutions logicielles envisagées.

Et c'est justement là qu'intervient un avantage majeur : Recalbox développe à la fois le matériel et le logiciel. Cela permet de faire évoluer les fonctions au fil du temps, au lieu de figer le produit dès sa sortie.

Une borne 31 kHz qui sait aussi respecter les jeux 15 kHz

C'était l'un des vrais défis du projet.

Une borne Naomi ou plus largement une borne JVS 31 kHz est parfaite pour les jeux de son époque. En revanche, pour les titres plus anciens en 240p, le rendu peut vite perdre son charme si on se contente de doubler bêtement les pixels. On obtient alors quelque chose de propre techniquement, mais qui ne ressemble plus vraiment à l'image arcade attendue.

Le travail réalisé ici vise à faire d'une borne 31 kHz une borne universelle. L'équipe a développé un traitement maison baptisé 240p Grid, pensé pour retrouver une sensation visuelle très proche du 15 kHz sur un écran 31 kHz.

Le résultat recherché est simple :

  • les anciens jeux gardent une apparence crédible et agréable,
  • les jeux plus récents s'affichent dans leur résolution native,
  • on peut enfin profiter de toute la ludothèque Recalbox sur une borne Naomi sans réserver la machine aux seuls titres 31 kHz.

Autrement dit, la borne devient réellement polyvalente.

Un firmware autonome qui continue à fonctionner même sans Raspberry

C'est probablement la fonction la plus intelligente de l'ensemble.

Le Recalbox JVS embarque un firmware autonome complet. Même si le Raspberry Pi n'est pas inséré, ne démarre pas, ou rencontre un problème, la carte peut quand même démarrer et afficher des informations utiles à l'écran.

On n'est pas face à une simple carte muette qui attend le système principal. Ici, la carte est capable de :

  • signaler si le Pi 5 est bien détecté,
  • indiquer si une ou deux IO boards sont connectées,
  • surveiller les tensions +5 V et +12 V,
  • montrer l'état général du système,
  • aider à comprendre immédiatement ce qui bloque.

Des LED viennent compléter tout ça. Elles changent d'état selon que les éléments attendus sont connectés, reconnus ou non. Le but est très clair : ne pas obliger à deviner d'où vient la panne.

Écran violet de diagnostic affichant des barres de couleur et un menu latéral sur une borne Naomi

Des outils de test intégrés

Le firmware ne se contente pas d'afficher un statut. Il inclut aussi tout un ensemble d'outils de diagnostic :

  • mire vidéo pour régler l'image,
  • tests de couleurs, géométrie et convergence,
  • tests audio pour les canaux gauche et droite, le centre et les basses,
  • test des contrôles,
  • surveillance électrique en temps réel.

Le test des contrôles est particulièrement pratique. Lorsqu'on branche un nouveau panel, ou qu'on refait tout le câblage d'une borne, on peut vérifier instantanément quel bouton répond, si un signal pulse anormalement, ou si un bouton a été branché au mauvais endroit. Plus besoin d'avancer à l'aveugle.

Des tests pour les éléments analogiques comme le volant ou certains sticks sont également prévus dans cette logique d'accompagnement complet.

Détection automatique des IO boards et adaptation au type de borne

Un autre point très fort du Recalbox JVS, c'est sa capacité à reconnaître le type d'IO board ou, à défaut, à guider simplement vers la bonne configuration.

Au démarrage, le système peut proposer une configuration adaptée selon la catégorie de borne :

  • borne joystick,
  • borne versus,
  • borne gun,
  • borne de course.

Le but n'est pas de noyer l'utilisateur sous les options techniques, mais au contraire de lui faire choisir un cas concret, puis d'appliquer automatiquement la configuration adaptée.

Le cas des bornes de course : une configuration par modèle

Les bornes de course sont un excellent exemple de l'approche choisie.

Quand on démarre sur une borne de conduite, le système demande le type de borne. Si l'on sélectionne par exemple Crazy Taxi, toute la configuration est appliquée automatiquement. Plus besoin d'aller mapper manuellement chaque entrée, de se demander à quoi correspond tel levier, ni de reprendre jeu par jeu.

Borne de course jaune avec volant, pédales et écran allumé montrant une interface de sélection

Et c'est là que ça devient malin. Une borne comme Crazy Taxi a ses particularités :

  • un volant,
  • deux pédales,
  • un start,
  • un sélecteur haut et bas utilisé différemment selon les jeux.

Dans Crazy Taxi, ce levier sert à la marche avant et à la marche arrière. Dans OutRun, il peut servir à changer de plage moteur. Dans d'autres jeux encore, il peut être réinterprété autrement.

Le travail effectué consiste à adapter la borne au jeu lancé, sans forcer l'utilisateur à comprendre tout le mapping interne. Il suffit de déclarer la borne que l'on possède. Le système se charge du reste dans la mesure du possible.

Des raccourcis intelligents pour compenser les différences

Évidemment, toutes les bornes n'ont pas toutes les commandes. Donc quand un jeu attend une action absente physiquement sur la borne, Recalbox JVS propose des combinaisons de touches. Par exemple, certaines fonctions peuvent être déclenchées via Start associé à une direction ou à une pédale.

Ces raccourcis doivent aussi être affichés clairement au lancement des jeux afin d'éviter les tâtonnements. Là encore, l'idée reste la même : rendre une borne donnée compatible avec un maximum de jeux sans transformer chaque session en exercice de mémoire.

Naviguer dans Recalbox avec un volant

Le système ne s'arrête pas à la configuration des jeux. L'interface elle-même peut être pilotée avec les commandes de la borne. Sur une borne de course, on peut naviguer dans la liste des jeux avec le levier ou les commandes disponibles, puis valider via une combinaison appropriée.

C'est un détail qui change tout, parce qu'il permet de garder l'expérience cohérente du début à la fin.

Le cas des bornes gun : précision, compatibilité et confort

L'autre démonstration très parlante concerne les bornes à pistolets, comme Confidential Mission.

Ces bornes utilisent un système de capteurs autour de l'écran. Ici, on n'est pas sur la logique des anciens pistolets CRT qui se basaient sur le balayage de l'écran au moment du tir. La position du tir est calculée à partir des capteurs, ce qui rend la solution indépendante de ce qui est affiché à l'écran.

Borne rouge de tir avec deux pistolets tenus devant l écran et scène de jeu affichée

Pourquoi c'est important ? Parce que cela ouvre la porte à une compatibilité très large avec :

  • les jeux Naomi et Atomiswave en 31 kHz,
  • les jeux de tir plus anciens,
  • une précision très élevée,
  • une sensation fidèle à la borne d'origine.

Des titres comme House of the Dead 2, Confidential Mission, Maze of the Kings ou encore Jurassic Park Arcade font partie des expériences mises en avant. Le rendu recherché, là encore, est celui d'une vraie borne dédiée, pas d'un bricolage approximatif.

Une ergonomie pensée pour l'arcade réelle

Ce qui ressort de tout l'ensemble, c'est que le matériel a été pensé par quelqu'un qui connaît les contraintes des vraies bornes.

Quelques exemples très concrets :

  • les diagnostics visuels par LED avant même d'avoir une image,
  • la possibilité d'afficher un menu JVS spécifique en maintenant Start,
  • un accès au service menu sans devoir brancher un clavier ou démonter la borne,
  • des raccourcis pour insérer un crédit ou déclencher certaines fonctions même si le monnayeur ou certains boutons sont absents,
  • la compatibilité pensée selon les bornes réelles existantes, pas selon un schéma théorique unique.

C'est ce genre de détails qui fait la différence entre une solution techniquement capable de fonctionner et une solution vraiment agréable à utiliser au quotidien.

Un produit qui continue d'évoluer après sa sortie

Le Recalbox JVS n'est pas présenté comme un produit figé. Le matériel est finalisé, mais la partie logicielle continue d'évoluer, et c'est même une partie essentielle de la proposition.

Le firmware autonome et le système Recalbox seront amenés à recevoir :

  • de nouvelles fonctionnalités,
  • la prise en charge de nouvelles bornes,
  • de nouveaux panels,
  • des améliorations d'ergonomie,
  • un support logiciel encore plus large.

C'est une philosophie déjà appliquée aux autres produits de la gamme. Les anciens matériels ne sont pas abandonnés une fois lancés. Le JVS s'inscrit dans cette continuité.

Une offre complète avec borne prête à jouer

Pour ceux qui veulent aller au bout de la logique, il existe aussi une offre plus complète en partenariat avec Tensen. L'idée est simple : proposer, en plus du module seul, une borne complète prête à jouer, livrable en France.

Le pack inclut alors :

  • la borne restaurée,
  • le Recalbox JVS,
  • le Raspberry Pi 5,
  • la carte SD,
  • une machine configurée et prête à être allumée.

Bien entendu, sans contenu protégé préinstallé. Mais avec toute la base matérielle déjà intégrée et préparée.

Pour ceux que le projet intéresse, la précommande du Recalbox JVS sur Kickstarter centralise les informations liées au lancement.

Ce que le Recalbox JVS change vraiment

Au fond, ce produit essaie de résoudre plusieurs problèmes à la fois :

  • faire entrer proprement Recalbox dans l'univers JVS,
  • simplifier l'installation au maximum,
  • respecter les spécificités des vraies bornes,
  • unifier anciens et nouveaux jeux dans une même machine,
  • offrir des outils de diagnostic qui manquent souvent ailleurs,
  • ouvrir la voie à des configurations versus ou dédiées autrement plus convaincantes.

Le plus intéressant, c'est sans doute cette idée de borne universelle. Une Naomi, une borne gun, une borne de course ou une configuration versus ne sont plus seulement des machines liées à un seul jeu ou à une seule époque. Avec le Recalbox JVS, elles deviennent des plateformes complètes, adaptées à leur identité matérielle, mais beaucoup plus polyvalentes.

Et c'est probablement là que se joue toute la réussite du projet : ne pas demander aux passionnés de choisir entre confort moderne et respect du matériel arcade, mais essayer de leur donner les deux en même temps.

Pour suivre les prochaines évolutions du projet, il est aussi possible de rejoindre la communauté Recalbox sur Discord.

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