Cette fin juin est complètement absurde. Entre la fournaise ambiante, les annonces hardware qui tombent sans prévenir, les projets rétro qui ressuscitent de partout et une avalanche de démos Steam Next Fest, il y avait largement de quoi remplir une grosse tournée d'actus.
Et autant le dire tout de suite, il y a du très enthousiasmant, du très curieux, du franchement inquiétant, et aussi quelques décisions industrielles qui donnent juste envie de lever les yeux au ciel.
Steam Machine 2026, enfin là... mais à quel prix ?
Valve a finalement levé le voile sur sa Steam Machine version 2026. Pas une console au sens classique, mais plutôt un mini PC de salon sous SteamOS, pensé pour vivre sous la télé, se piloter comme une console et lancer toute une bibliothèque Steam sans passer par Windows.
Sur le papier, l'idée reste séduisante. En gros, c'est la promesse d'un Steam Deck de salon, plus puissant, ultra compact, silencieux, avec une interface simple et bien intégrée à l'écosystème Steam.
Le souci, c'est le tarif. Et là, ça pique très fort.
- Version 512 Go à 1039 €
- 512 Go avec Steam Controller à 1108 €
- Version 2 To à 1359 €
- Bundle 2 To avec manette à 1428 €
Oui, on parle bien d'une machine qui démarre au-dessus de mille euros, sans manette dans sa version de base. À ce niveau-là, on n'est plus du tout dans la zone console de salon accessible. On est clairement dans le PC premium compact.
Ce que la machine réussit
Les premiers retours soulignent plusieurs vraies qualités :
- Un design très réussi
- Un fonctionnement silencieux
- Un format très compact
- Une intégration propre avec SteamOS
- Le confort de retrouver sa bibliothèque Steam sur grand écran
- Les sauvegardes cloud et la compatibilité manettes
- La possibilité d'en faire aussi un vrai PC Linux
Valve travaille aussi avec AMD sur l'intégration du FSR4, ce qui pourrait améliorer l'upscaling et la qualité d'image dans les mois qui viennent. C'est potentiellement un vrai levier pour lisser certaines limites graphiques.
Ce qui coince vraiment
Le problème, c'est que l'objet est séduisant, mais les performances ne justifient pas du tout ce choc tarifaire.
Les tests internationaux sont plutôt tièdes. Les notes tournent autour de 6 sur 10. En cause, une expérience qui n'atteint pas encore le niveau de simplicité attendu pour rivaliser frontalement avec une console de salon. Ce n'est pas encore suffisamment plug and play.
Et surtout, dans les usages concrets, la machine ne met pas une claque à une PS5. Dans bien des cas, elle joue au coude à coude, parfois un peu mieux, parfois non, mais certainement pas au niveau qu'on espérait vu le prix demandé.
Autres réserves importantes :
- la 4K 60 fps dépend beaucoup du FSR et des réglages
- les 8 Go de VRAM risquent de devenir limitants sur les gros jeux récents
- plusieurs tests évoquent encore des bugs ou des ajustements manuels à refaire
- la réservation passe par tirage au sort, avec des stocks annoncés comme limités
Le résultat est frustrant. La vision est là. L'objet donne envie. La philosophie Valve transpire dans chaque détail. Mais à ce prix-là, la Steam Machine ne peut pas être la révolution grand public espérée.
Si l'idée d'un PC Steam compact, silencieux et pensé pour le canapé vous parle, il y a matière à craquer. Si vous cherchez le meilleur rapport performance prix, il va falloir sérieusement réfléchir.
À noter quand même un point intéressant : une nouvelle version publique de SteamOS approche. Pour ceux qui ont déjà un mini PC compatible, surtout avec une base AMD côté graphique, cela pourrait devenir une alternative bien plus raisonnable qu'acheter la machine officielle.
Steam Controller, carton plein... et attente interminable
L'autre nouvelle Valve du moment concerne la nouvelle manette. Le lancement a visiblement très bien marché. Tellement bien, en fait, qu'il faut désormais s'attendre à des délais énormes.
Valve a mis en place un système de réservation avec file d'attente. Selon la date d'inscription, la livraison peut arriver :
- d'ici septembre
- d'ici décembre
- ou carrément en 2027
Ceux qui ont réservé tôt peuvent encore espérer une livraison en 2026. Pour les autres, il faut accepter plusieurs mois d'attente. Une fois le mail de confirmation reçu, il faut finaliser l'achat sous 72 heures, sinon la place passe à quelqu'un d'autre.
Valve ne compte pas arrêter la production. Le souci est surtout une demande largement supérieure aux prévisions, dans un contexte où les composants restent sous tension, notamment à cause des besoins massifs liés à l'IA.
Deux disparitions marquantes pour l'histoire du jeu vidéo
Cette semaine a aussi apporté deux nouvelles beaucoup plus tristes.
Bobby Prince est décédé à 81 ans. Même si son nom n'est pas forcément connu de tout le monde au premier réflexe, ses compositions ont marqué le jeu PC des années 90 de façon immense. Doom, Wolfenstein 3D, Commander Keen... son travail a largement participé à définir l'identité sonore du FPS moderne.
Autre disparition, celle de Claude Guillemot, cofondateur d'Ubisoft, mort à 69 ans. Son nom était plus discret médiatiquement que celui d'Yves Guillemot, mais son rôle dans la création et le développement d'Ubisoft a été central. L'aventure familiale bretonne née dans les années 80 a fini par devenir l'un des géants mondiaux du secteur. Impossible de ne pas avoir une pensée pour cette page d'histoire.
Stop Killing Games, la réponse européenne qui agace
L'initiative Stop Killing Games avait pourtant réussi à réunir plus de 1,3 million de signatures. L'idée de fond était simple : empêcher que des jeux deviennent totalement injouables lorsque leurs serveurs ferment.
La réponse de la Commission européenne est tombée, et elle est très décevante. Pas de nouvelle législation pour obliger les éditeurs à maintenir les jeux jouables après la fin des services en ligne.
L'argument principal mis en avant concerne le droit d'auteur et la propriété intellectuelle. Imposer une telle contrainte créerait, selon Bruxelles, un conflit avec les droits des éditeurs.
En revanche, l'Union européenne rappelle que les règles de consommation imposent déjà plus de transparence avant achat, notamment sur la durée de vie d'un service et ses conditions d'arrêt.
En clair, on risque surtout d'avoir encore plus de texte juridique à avaler avant de lancer un jeu, sans solution de fond au problème de préservation. Difficile de ne pas rester amer face à ce genre de réponse.
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez consulter le point complet sur l'initiative Stop Killing Games.
Préservation rétro, licences oubliées et curiosités hardware
Premier Eleven devient jouable sur Dreamcast
Voilà typiquement le genre de nouvelle qui fait plaisir. Premier Eleven, un jeu de foot jamais sorti à l'origine sur borne Sammy Atomiswave, est désormais jouable sur Dreamcast.
Ce n'est pas un hasard puisque l'Atomiswave repose sur une architecture très proche de celle de la Dreamcast. Le portage jouable a été rendu possible grâce au travail d'un membre du forum Dreamcast Talk. Et ce qui rend l'histoire encore meilleure, c'est qu'un prototype du jeu avait récemment circulé à plus de 15 000 dollars. Au lieu de finir enterré dans une collection privée, le jeu a été dumpé, préservé et rendu accessible.
Dans le même mouvement, Miracle Stadium, un jeu de baseball Atomiswave, est lui aussi devenu jouable sur Dreamcast. Encore une preuve que la console de Sega continue de vivre bien après sa carrière commerciale.
Richard Garriott pourrait récupérer une partie d'Ultima
Bonne nouvelle potentielle pour les amateurs de RPG à l'ancienne : Richard Garriott serait en position de récupérer des droits liés à Ultima.
La saga, fondatrice du RPG sur ordinateur, n'a plus connu de véritable nouvel épisode depuis la fin des années 90. La licence appartient à Electronic Arts depuis longtemps, mais le droit américain permet parfois à un créateur de tenter une récupération partielle après 35 ans.
Rien ne garantit un retour complet de la marque, mais cela pourrait rouvrir une porte. Et rien que cette possibilité suffit à relancer un peu l'espoir autour d'une série légendaire.
Commodore sans Amiga, c'est toujours bizarre
Le feuilleton Commodore continue. La marque a bien été relancée récemment, mais sans les droits de l'Amiga. Et forcément, pour tous ceux qui associent Commodore à l'Amiga presque instinctivement, c'est un vrai manque.
La bonne nouvelle, c'est que de nouvelles discussions ont été engagées avec le détenteur actuel de la propriété intellectuelle d'Amiga. Rien n'est signé, rien n'est fait, mais le ton semble un peu plus positif qu'avant.
Avec ce genre de dossier, on retombe toujours sur le même mur : les labyrinthes de propriété intellectuelle finissent par être presque plus compliqués que les machines elles-mêmes.
Le grand retour de Commodore... avec un téléphone à clapet
Alors là, on entre dans le territoire du grand n'importe quoi fascinant. Commodore revient avec un nouveau produit, mais ce n'est ni un ordinateur ni une console. C'est un téléphone à clapet appelé Commodore Callback 80.
L'idée, c'est de proposer un téléphone volontairement limité pour couper avec les distractions permanentes. Pas de navigateur libre, pas de réseaux sociaux classiques, mais quelques applis Android utiles comme WhatsApp, Maps ou Spotify.
Le design mise à fond sur la nostalgie années 2000. Et visuellement, oui, c'est rigolo. Le problème, c'est le prix.
On parle d'environ 500 à 650 dollars pour un appareil volontairement bridé, sans 5G, sans partage de connexion, vendu quasiment au prix de smartphones qui font tout.
L'objet est marrant. Le positionnement, lui, est très difficile à défendre.
White Creek, un survival horror Dreamcast à surveiller
Autre curiosité très sympa : White Creek, un nouveau survival horror en développement pour Dreamcast, porté par une équipe de passionnés avec une forte touche française.
Le projet doit bientôt arriver sur Kickstarter. Rien que l'idée de voir encore des survival horror inédits débarquer sur Dreamcast en 2026 a quelque chose de franchement réjouissant.
Windows NT tourne sur GameCube, parce qu'évidemment
Il y a aussi ce genre de nouvelle parfaitement inutile donc absolument indispensable : la GameCube peut maintenant faire tourner Windows NT.
L'exploit repose sur l'architecture PowerPC de la console, compatible avec une ancienne version de Windows NT conçue pour cette famille de processeurs. C'est du gros bricolage, pas un truc grand public, mais le simple fait que cela fonctionne, y compris avec des contrôles improbables comme les bongos Donkey Kong, mérite déjà le détour.
Le rendu Game Boy Camera arrive sur mobile
L'application Flashback d'Epilog permet de retrouver sur iOS et Android le style ultra pixelisé de la Game Boy Camera. Quatre nuances de gris, gros tramage, imperfections charmantes, tout y est.
Pas besoin d'accessoire spécifique, il suffit d'utiliser l'appareil photo du téléphone. Le résultat a ce côté délicieusement raté qu'on adore dans le rétro.
Un hack NES pour aller plus loin graphiquement
Autre bidouille passionnante : un hack matériel imaginé pour améliorer l'affichage de la NES originale. L'idée repose sur une particularité du PPU, la puce graphique, et consiste à ajouter un second PPU pour injecter de nouvelles informations visuelles vers le premier.
Résultat théorique : plus de couleurs dans les décors, effets de parallaxe, davantage de sprites à l'écran. Ce n'est évidemment pas compatible avec le catalogue existant. Il faudra des démos ou des jeux homebrew prévus pour ça. Mais comme terrain d'expérimentation, c'est absolument délicieux.
Une PlayStation 1 en LEGO se précise
D'après plusieurs fuites jugées très crédibles, un set LEGO consacré à la première PlayStation pourrait sortir cette année. On parle d'environ 2000 pièces, avec la console et au moins une manette, pour un tarif situé autour de 160 dollars.
Rien d'officiel à ce stade, mais l'idée semble suffisamment crédible pour commencer à surveiller ça de près.
Les dossiers de la semaine
ArcStation, un nouvel ODE PS1 sans soudure
Du côté des mods intéressants, ArcStation s'annonce comme un nouvel ODE pour PlayStation. Le principe n'est pas nouveau, remplacer le lecteur CD par un système moderne non plus, mais la promesse ici porte surtout sur la simplicité d'installation.
L'argument fort, c'est une solution sans soudure, avec compatibilité large et mise en place plus accessible. Pour tous ceux qui ont une PS1 au lecteur fatigué et pas spécialement envie de sortir le fer à souder, c'est un projet à garder dans le radar.
Quand Sega a envahi la Formule 1
Il y a aussi ce petit voyage dans le temps autour de la course de Donington Park en 1993, lorsque Sega avait littéralement brandé un Grand Prix de Formule 1 à ses couleurs. Oui, avec Ayrton Senna soulevant un trophée Sonic.
Rien que l'image est mythique. Ce genre de collision improbable entre culture pop, jeu vidéo et sport automobile reste une merveille d'archive.
Steam Next Fest, une pluie de démos à ne pas rater
La deuxième énorme masse de cette fin juin, c'est évidemment le Steam Next Fest. Il y avait une quantité absurde de démos, avec de la 2D, de la 3D, du survival horror, du platformer, du beat them up, du city builder, du rhythm RPG, du roguelite, du jeu de course, du point and click. Bref, de quoi remplir des wishlists par paquets de douze.
Voici les démos qui ont le plus retenu l'attention.
Les démos cosy, créatives ou franchement originales
ReStory: Chill Electronics Repairs est probablement l'un des concepts les plus doudou du lot. On y tient une boutique de réparation électronique dans le Tokyo des années 2000. On démonte, on diagnostique, on remonte, on discute avec les clients, on gère la boutique. Le tout avec de vraies vibes confort et même quelques licences officielles comme Atari.
Zlin City: Arch Moderna joue dans un registre tout aussi séduisant mais très différent. C'est un city builder miniature centré sur la création de villes et de réseaux ferroviaires dans un univers inspiré des années 20 et 30. Sa direction artistique est magnifique, avec un vrai travail de modélisation pièce par pièce.
Screenbound mise sur un concept franchement malin. Le jeu mélange plateforme 2D et environnement 3D, avec la possibilité de passer d'une lecture à l'autre pour résoudre des énigmes. Ce fameux délire de "plateforme 5D" est peut-être un peu vendeur, mais l'idée a un vrai potentiel ludique.
Nocturne tente un croisement original entre RPG et jeu de rythme. Les combats de boss se déroulent au rythme de la musique, avec une forte identité visuelle. Le français n'est pas encore annoncé, mais le mélange intrigue clairement.
Les action platformers et aventures 3D à surveiller
Duskfade sent très bon la lettre d'amour aux jeux d'action 3D classiques. On saute, on se balance, on combat dans un univers fantastique, avec une vraie énergie aventure de la grande époque.
Ungaland! propose lui aussi une aventure 3D colorée dans un monde préhistorique, avec déblocage de capacités, personnalisation d'armes et progression action plateforme bien nerveuse.
Kalanoro mélange plateforme 3D, combat et ambiance plus légère avec un groupe de lémuriens artistes. C'est coloré, vivant, et ça semble parfaitement calibré pour une aventure accessible mais dynamique.
Bunderkin: The Ocular Eclipse repose sur une boucle temporelle de trois jours. Rien que ce concept suffit déjà à attirer l'œil. Le héros a une vraie petite gueule, et le mélange action plateforme, infiltration et gestion du temps semble prometteur.
Les survival horror et jeux plus sombres
Silver Pines est un metroidvania d'horreur et de survie dans un village américain. Monstres, puzzles, ressources limitées, ambiance pesante, il coche beaucoup de cases très efficacement.
Phase Zero va chercher du côté du survival horror ultra old school avec caméras fixes et ambiance très Resident Evil d'époque. Si vous aimez les angles imposés et les couloirs anxiogènes, celui-là mérite un œil.
The Road of Dust and Sorrow est une autre belle surprise. Un jeu d'horreur en pixel art très narratif, inspiré des classiques 90, où il faut survivre dans un monde déchu tout en protégeant sa fille. Les animations ont l'air superbes.
About Fishing, malgré son titre trompeusement paisible, cache quelque chose de beaucoup plus dérangeant. On pêche dans des eaux calmes, oui, mais ce qu'on remonte n'aurait clairement pas toujours dû rester accessible. L'ambiance a l'air bien tordue.
Beat them up, run and gun, bagarre et arcade pure
Takeover 2 a l'air d'être un gros bon beat them up arcade bien vénère, peaufiné, lisible, généreux, avec une vraie envie de faire du spectacle.
DekaDuck mélange action platformer, animation à la main et science-fiction complotiste. C'est joli, très animé, et ça a déjà pas mal d'arguments.
Mexican Ninja sent bon l'arcade 2,5D sans complexe. Beat them up roguelite, ambiance déjantée, action nerveuse, c'est le genre de projet qui peut vite devenir culte s'il tient sa promesse manette en main.
Poly Fighter est un jeu de combat roguelite solo où l'on apprend de nouvelles techniques en battant ses adversaires. L'idée est originale, même si le terrain est évidemment difficile vu la concurrence actuelle côté versus fighting.
RPG, action RPG et curiosités hybrides
Ashes of Darkness se présente comme un action RPG 2D de type soulslike dans un univers médiéval sombre. C'est propre visuellement, et la démo permettra surtout de vérifier si le feeling suit.
Echoes of Mystralia a un autre atout : sa personnalisation de sorts. On collecte des runes, on crée des combinaisons, on expérimente. Pour qui aime la sorcellerie ludique, ça peut être très sympa.
Well Dweller, par les créateurs de Crypt Custodian, est un metroidvania magique et sombre avec une direction artistique très forte. Incarner un petit oiseau armé d'une allumette pour sauver sa famille, ça a immédiatement quelque chose.
Ascenders: Beyond the Peak apporte un angle assez rare : l'alpinisme. Exploration au tour par tour, survie, grimpe, gestion d'expédition, progression verticale. Rien que pour l'originalité du thème, il sort du lot.
Shoot, course, flipper et autres OVNI
Wind Runners a franchement de l'allure. Un shoot inspiré du bullet hell et du combat aérien, avec une direction visuelle colorée et beaucoup d'énergie.
Runix: Pinball Roguelike transforme le flipper en jeu de deck building et de combat. Si la boucle de gameplay tient la route, ça peut être une petite drogue.
Furyball: Rogue Revenge mélange arène, sport, rebonds meurtriers et chaos contrôlé. On sent des inspirations évidentes, mais l'ensemble a assez de personnalité pour intriguer.
Project TurboBlast pourrait parler à tous ceux qui aiment les jeux de course arcade rapides, précis et très stylés. Son seul vrai regret pour l'instant, c'est l'absence de versus local.
Driftline Peaks mise de son côté sur l'esthétique PS1 low poly et les routes de montagne. Rien que pour l'ambiance, il mérite au moins une wishlist.
Quelques autres démos qui méritent le détour
- Moss: The Forgotten Relic pour son univers enchanteur et son retour hors VR
- The Transylvania Adventure of Simon Quest pour son hommage parodique à Castlevania
- Salt & Soul: Pocket Chef's Adventure pour sa cuisine miniature et son concept charmant
- Toem 2 pour retrouver l'ambiance photo chill du premier
- Sojourn Past pour son action aventure bullet hell très élégante
- Lelu pour son esthétique monochrome marquée
- Mona: The Endless Journey pour son metroidvania 3D latéral à l'ambiance étrange
- Soe 64 pour son FPS rétro façon Nintendo 64 sur fond de Seconde Guerre mondiale
- Theropods pour son point and click préhistorique teinté de science-fiction
- 1666: Amsterdam pour sa proposition très ambitieuse, même si le prologue divise
Les sorties de la semaine à garder en tête
En dehors des démos, plusieurs sorties ou lancements méritent d'être signalés.
Livres et beaux objets
Le Guide Deluxe Chrono Trigger arrive dans sa dernière ligne droite côté précommande. Même logique pour l'Anthologie Game Boy Color, qui a clairement la tête du gros pavé qu'on aime bien voir dans une bibliothèque de joueur rétro.
Jeux fraîchement sortis ou imminents
Deer & Boy attire l'œil avec sa dimension poétique et sa promesse émotionnelle.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales fait parler de lui pour une raison intéressante : la presse l'aime plutôt bien, avec des notes souvent positives, mais les retours utilisateurs sont plus mitigés. Ce qui ressort le plus souvent :
- un rendu HD-2D très réussi
- une exploration agréable
- des combats solides
- mais un scénario assez convenu
- des dialogues parfois trop bavards
- une difficulté jugée faible
- un compagnon qui parle beaucoup trop pour certains
Le genre de jeu qui semble mériter d'attendre une promo avant de se lancer, surtout à 59,99 €.
Dark Scrolls, de son côté, est sorti avec des premiers retours Steam très partagés. Il est sans doute encore trop tôt pour un verdict définitif, mais mieux vaut attendre un peu que davantage d'avis tombent.
Dart Racer arrive avec sa proposition de course futuriste antigravité. Là aussi, il faudra voir si le pilotage suit la promesse.
Dead or Alive 6 Last Round revient en version ultime avec contenu enrichi, nouveau mode photo et deux formules, dont une version gratuite de type Core Fighters.
Dimhaven: The Lost Source semble très séduisant pour les amateurs d'exploration et d'énigmes à la première personne, mais l'absence de traduction française est un vrai frein pour ce type de jeu.
Lumina Veil mérite aussi une mention simple et efficace : c'est déjà disponible, c'est gratuit, et pour une courte expérience horrifique, ça peut valoir le détour.
Cursemark démarre son accès anticipé avec des retours très positifs. Roguelite d'action, sorts personnalisables, runes, artefacts, exploration. Clairement un candidat sérieux à la bonne surprise.
Gothic 1 Remake, lui, impressionne vraiment. Les premiers retours sont excellents, et la refonte semble suffisamment respectueuse et ambitieuse pour convaincre au-delà du public nostalgique.
Petit coup de projecteur sur deux projets indé à soutenir
Type or Die mérite une vraie mise en avant. Son concept est délicieux : un roguelite où l'on incarne un cheval armé qui attaque en tapant des mots au clavier. C'est absurde, donc parfait. Et surtout, il y a une démo.
Bad Football est l'autre petite sortie à surveiller. Un jeu de foot arcade brutal, sans règles, pensé pour ruiner les amitiés dans la joie. Petit prix, retours déjà positifs, early access. Typiquement le genre de délire qui peut très bien marcher entre copains.
Promos repérées
Quelques bonnes affaires ressortent aussi du lot :
- Toem à moins de 2 €
- Sonic Mania à petit prix
- Batman Arkham Asylum en version définitive pour presque rien
- Yoku's Island Express, toujours aussi recommandable
- The Messenger à très forte réduction
- Command & Conquer Remastered Collection pour quelques euros
- Gris, Broforce, Sifu et Blasphemous en promo
Le genre de sélection qui fait grossir la pile de jeux "à faire bientôt". C'est-à-dire jamais, mais avec beaucoup d'amour.
Le coin homebrew, fangames et magie noire technique
Et comme d'habitude, le monde du homebrew termine la tournée en rappelant que des gens très talentueux passent leur temps à faire tourner des choses absurdes sur des machines qui n'étaient pas censées encaisser ça.
Les portages et adaptations qui donnent le sourire
- Command & Conquer adapté sur Atari ST et Falcon
- Gloom Reforged qui continue d'avancer
- Super Street Fighter II Turbo sur Commodore 64 et 128
- SNK vs Capcom Stronger Edition sur C64
- Balatro en développement sur Game Boy Advance
- Doom64KB qui progresse sur Neo Geo
- Mother / EarthBound Beginnings Remake sous forme de patch Super Nintendo basé sur EarthBound
- Zaxxon porté sur Atari 2600 quarante-cinq ans plus tard
- Wolfenstein 3D sur Atari Lynx en mode vertical
- Tunic recréé façon Famicom
- Star Fox revisité en Game Boy Color avec Airwing
- Mario qui tourne sur Atari Lynx
Resident Evil 4 Remake en coop, oui ça existe
Parmi les idées les plus folles, il y a ce mod coop pour Resident Evil 4 Remake. Une bêta ouverte permet déjà de parcourir le jeu à deux. Sur le papier, l'idée est aussi improbable qu'excitante.
Les petites dingueries bonus de fin d'émission
Pour terminer sur une note plus légère, quelques curiosités méritent d'être mentionnées.
Il y a ce système home cinéma inspiré de l'interface Winamp, avec écran tactile et visualisation façon vieille grande époque du lecteur MP3 sur PC. Honnêtement, c'est complètement sublime.
Il y a aussi des reprises musicales improbables, comme le thème de Tetris joué sur des calculatrices, des vidéos qui comparent certains samples utilisés dans des musiques de jeux, un superbe street art Sonic pour ses 35 ans, et même Doom qui finit par tourner sur une montre connectée Xiaomi. Parce qu'évidemment.
Ce qu'on retient de cette fin juin
Cette fin de mois a un parfum très particulier. D'un côté, l'industrie balance des machines ambitieuses mais hors de prix, prend des décisions parfois frustrantes et rappelle à quel point la question de la préservation reste fragile.
De l'autre, la scène rétro, la bidouille, les fangames, les mods, les démos indé et les créateurs passionnés montrent une énergie absolument dingue.
Et c'est peut-être ça, au fond, le meilleur résumé de la période. Le haut du marché devient parfois compliqué à aimer. Mais dès qu'on regarde du côté du rétro vivant, de l'indé malin et des passionnés qui bricolent l'impossible, il y a encore largement de quoi s'enthousiasmer.
Hydratez-vous, gardez un œil sur vos wishlists, et évitez peut-être d'acheter une Steam Machine à plus de 1000 € sur un coup de chaud.